Pose devant un Cantal Automnal
Jour 1 : la classe à l’état pur !

Octobre 2013. Après une soirée animée et une poignée d’heures de sommeil, nous prenons la route pour notre prochaine destination : les volcans d’Auvergne. La route se fait dans une magnifique Twingo ornée d’une fresque fleurale, la virilité incarnée!

Il fait nuit. A une demi-heure du point d’impact,  alors que nous filons vers le col du Pertus, nous sommes déjà encerclés par d’épaisses forêts aux tons automnales.  Nous avalons les kilomètres de lacets tandis qu’un ballet de feuilles mortes virevolte à la lueur de nos phares.

J’ai la nostalgie d’une de ces vieilles routes sinueuses et inhabitées qui mènent hors des villes…une route qui conduise aux confins de la Terre…où l’esprit est libre.. Henry David Thoreau

Arrivés à destination, nous laissons la voiture : C’est parti pour 5 jours de baroudage. A la recherche d’un endroit où dormir, nous improvisons une marche nocturne dans l’obscurité la plus complète. Au bout d’une demi heure, un coin de verdure près d’un ruisseau nous accueille.

Cette nuit là, nous aurons le droit à la complète : oeuf , jambon, fromage. En effet, la nature nous assaille : après un pilonnage aveugle du vent, la pluie s’y met et mitraille sourdement la toile. Fatigués par cette longue journée, nous finirons par nous assoupir un moment… le temps que le tonnerre nous réveille et que les éclairs zèbrent l’obscurité, révélant nos têtes groggy. L’eau de pluie ruisselle littéralement sous la tente. Peu à peu la tempête s’éloigne et nous nous rendormons profondément.

Après notre traditionnel café du matin et une portion de riz a la sardine (ça tient au ventre), nous entamons notre premier jour de marche en nous enfonçant dans les bois, heureux d’être de nouveau en pleine nature !

Plongée dans les forêts arvernes
Plongée dans les forêts arvernes

Le sol , tapissé d’un camaïeu de feuilles mortes est égayé par quelques cascades cristallines qui donnent vie à ce paysage immobile. Ce sont de véritables artères qui descendent des flancs de la montagne. Elles forment des rideaux liquides qui s’abîment dans le vide et se fracassent sur les rochers. Elles se transforment à l’impact en courbes irisées et tranquilles. Plus bas , le grondement des cascades laisse place aux chants des ruisseaux serpentant au cœur de la foret. (Calme toi, c’est encore notre coté poète !) Dans l’espoir d’apercevoir un cerf, un renard ou autre sanglier, nous avançons à pas feutrés, guettant le moindre bruissement de feuille, le moindre mouvement. Malheureusement nos pas de danseurs ne s’avèreront pas payants et nous ne verrons pas l’ombre d’un animal de toute la journée.

Ruisseau dans une forêt du Cantal
Ruisseau dans une forêt du Cantal

En grimpant, nous quittons l’ambiance humide et végétale du bois au profit des crêtes froides et venteuses des sommets. Nous croisons des troupeau de bovins qui nous dévisagent, l’air taquin et prêts à charger. Nous accélérons le rythme tandis que les gueules patibulaires des quelques taureaux nous suivent du regard.

Instant de repos en haut des crêtes
Instant de repos en haut des crêtes

En fin de journée, nous montons le bivouac au bord d’une falaise (alt 1700m) et nous réfugions sous la tente alors que des nuages noirs assombrissent l’horizon. Toute la nuit, la tente subit les assauts continus du vent et nous sommes régulièrement réveillés par des bourrasques qui font trembler la toile de toute part. Nous frôlons la mise en orbite !

Au matin, une lueur rouge éclaire notre tente. Curieux, nous sortons le bout du nez. Le soleil est sur le point de se lever, et nous en serons les témoins privilégiés.

Aux premières loges pour le lever de soleil !
Aux premières loges pour le lever de soleil !

Une petite pièce d’or émerge timidement des montagnes à l’Est. Elle se détache des sommets et progressivement réveille par sa lumière la vallée encore endormie. Tandis que le ciel se moutonne de rose, Kevin en profite pour faire quelques clichés.

Lever de Soleil sur les crêtes arvernes.
Lever de Soleil sur les crêtes arvernes.

Sur le départ, nous découvrons le funeste destin de nos assiettes, passées par dessus la falaise durant la nuit . Paix a leurs âmes.

Le froid glaçant nous motive et nous repartons de bottes de 7 lieux, ne nous autorisant que de courtes pauses. Nous débarquons au pied du Puy Marie. L’ascension ne présente pas de difficultés particulières mais le vent, décidément têtu, nous déporte malgré le poids de nos sacs. Pendant près d’une demi heure, pliés en deux , nous aurons comme seul point de vue, les bouts crottés de nos chaussures. Heeeein génial !

Arrivés au sommet, une vue à 360 degré sur les vallons verdoyants récompense nos efforts. Nous poursuivons ensuite vers la brèche de Roland sur un chemin dessinant une immense cicatrice sur les crêtes.

Direction la brèche de Rolland !
Direction la brèche de Rolland !

Apres 2 glissades improvisées pour Kevin (note artistique 9/10), nous faisons une pause et apercevons par la même occasion 4 cerfs à quelques centaines de mètres. Enfin !

Plus loin, nous entrons dans une foret à l’atmosphère lugubre. Rien ne vient troubler le bruit des feuilles mortes que nous faisons craquer sous nos semelles.

Nous établissons notre campement au cœur de la foret où nous tentons de faire du feu. Erreur d’appréciation majeure ! De la fumée, des étincelles et quelques gouttes de sueur , c’est tout ce qu’on tirera d’un bois trempé par les récentes adverses. Ironie du sort : nous apprendrons quelques jours après que l’espèce de champignons qui nous a intrigué tout au long de notre escapade et que l’on trouvait partout est un excellent combustible pour démarrer un feu ! Amateurs!

Aperçu de la forêt dans la brume au petit matin

Aperçu de la forêt dans la brume au petit matin

Plus tard dans la soirée et alors que le froid nous gagne, nous décidons de nous faire un café. Nous n’avons plus d’eau et l’un de nous deux doit aller jusqu’au ruisseau à une trentaine de mètre de la tente. Kevin se dévoue. Il sort de la tente casserole et lampe de poche en mains. Les quelques mètres qui le séparent du ruisseau lui semblent interminables et, tandis que des ombres inquiétantes grandissent a la lueur de la lampe, il se surprend a imaginer ici et là des yeux brillants dans l’obscurité.

La fin de notre périple se conclue avec une nuit par -5°C pendant laquelle nous aurons la chance de voir une étoile filante. Il est désormais temps de revenir à la réalité : nous sommes devant la voiture, prêts à rentrer à Nantes. Mais avant cela nous faisons étape à Aurillac pour acheter deux saucissons et un bon morceau de Cantal qui feront le plus grand bien à nos estomacs contrariés ! (Marcher en nature, ou comment perdre 3 kilos plus la monnaie en moins de 5 jours!)

Il n’y a pas de liberté sans risque, sans ignorance, sans aventure.

[Jubel – Klingande]

Sylvain & Kevin

En Bonus : Sylvain dans un tapis de feuille qui lui aura valu bien des misères ! (Une demi-douzaine de trebuchages à moitié controlés)
En Bonus : Sylvain dans un tapis de feuille qui lui aura valu bien des misères ! (Une demi-douzaine de chutes qui lui vaudront une magnifique aération au niveau des fesses)
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