Après 24 heures de Stop, pose à Vienne

L’idée nous est venue par un après midi pluvieux, nous cherchions un plan original pour le nouvel an. Très vite, nous nous sommes décidés pour une excursion à l’étranger. En promenant au hasard nos doigts sur le planisphère nous sommes finalement tombés sur Vienne.

Et soudain le défi prenait vie : 1600 kilomètres de stop, 3 pays traversés, le tout uniquement munis d’un carton gravé a la hâte indiquant nos différentes étapes. Nous nous étions donnés trois jours…

Le 28 décembre, jour du départ. A 8h du matin, Kevin frappait chez Sylvain.

Nos visages reflètent ce mélange d’excitation et d’appréhension que nous ressentons avant chaque périple. Pour faire simple, on mouille les couches. Nous n’avons pas la moindre idée de nos chances de succès. Bien que les avis de nos proches soient plutôt réservés, c’est plein d’énergie positive que nous nous dirigeons vers le périphérique : direction Paris.

L’attente commence vers 10h30 sous une fine pluie. Pendant les premières minutes, nos doutes s’épaississent mais notre humeur reste au beau fixe. Les gens en voiture lisent notre pancarte, puis nous dévisagent d’un air ébahis. On les comprend. Une petite demi-heure s’écoule avant qu’une tête familière ne s’arrête. Heureuse coïncidence, Maxime, rencontré la veille, nous emmène sur une entrée de voie rapide qui semble plus propice au stop.

Début de l'attente !
Début de l’attente !

10 heures , 11 heures puis midi. Nous désespérons de partir un jour de Nantes ! Heureusement la pluie s’est calmée.

Après le faux espoir d’un couple qui a ralentit à notre niveau pour repartir de plus belle,  un Goulainais s’arrête enfin ! Il nous emmène lui aussi sur une autre route où l’attente se poursuit. Cette fois-ci la pluie est de retour et même si le trafic est plus important, nous attendons toujours. Quelques conducteurs ont cependant décidés de nous divertir en improvisant des dérapages incontrôlés autour du rond-point détrempé. La plus belle glissade reviendra à un quinquagénaire qui au volant de sa Porsche, réalisera un dérapage à 180 degrés pour finir sur un talus, face à nous. Voyant nos têtes hilares, il repart complètement paniqué, manquant de se manger une bordure en béton.

Finalement, une BMW s’arrête. Bobby, jeune chirurgien féru de golf, propose de nous emmener jusqu’à Massy en région parisienne. Il est 16h quand nous y arrivons. Nous prenons ensuite le RER pour aller vers Paris Est, une tâche fastidieuse quand on n’a pas les bons tickets : nous suivons l’exemple de certains et passons par dessus les portiques.

Après avoir traversé la capitale, nous ressortons notre carton et l’attente reprend. Il fait maintenant nuit et il commence à faire vraiment froid. C’est aux alentours de 22h30 que quelqu’un finit par freiner à notre hauteur.

Ismael, un marocain d’une trentaine d’année nous propose de nous amener jusqu’à la première aire de repos entre Paris et Strasbourg. Autostoppeur chevronné, il nous raconte sa vie et ses expériences d’autostoppeur le temps du trajet. Il est 23 heures lorsque nous arrivons sur l’aire de repos presque vide. Pancarte tendue, par une nuit noire, nous revoilà livrés à nous même…

1h30 plus tard et alors que nous commencions à perdre espoir pour ce soir, un fourgon Mercedes s’arrête devant nous : deux roumains ouvrent leur porte et scandent « WIEN, WIEN ! » en pointant du doigt notre pancarte. Il semblerait qu’ils veuillent nous y emmener ! Nous montons donc à bord de la camionnette. Pendant la première demi-heure, le silence est pesant, nos chauffeurs ne parlent pas un mot de francais et nous ne sommes pas certains de comprendre leur destination finale. L’un des deux roumains passe un coup de fil et au bout de quelques minutes, à notre grand étonnement il nous tend le téléphone ! Sylvain le prend et entend une femme lui parler en français. Elle lui demande si nous allons bien à Vienne ! Rassurés, nous nous assoupissons dans nos fauteuils, logés dans le fratras d’outils qui meuble le bolide.

Au rythme de musiques moldaves, nous filons vers l’Autriche en passant par l’Allemagne qu’on voit a peine puisque nous la traversons de nuit. Largués à 15 kilomètres de Vienne, nous sommes quittes pour une petite marche et 10 minutes dans genre de RER local. C’est donc après 24 heures de voyage et 10 euros dépensés (un café, un kebab, un ticket de metro) que  nous debarquons sur Vienne, la fleur au fusil..

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